lundi 28 novembre 2011
Jean-Jacques par Frédéric Richaud
dimanche 20 novembre 2011
Lecture des Quatre lettres à monsieur le Président de Malesherbes
de téléphoner au 06 24 56 08 53
vendredi 18 novembre 2011
Le buste du Musée des Beaux-Arts de Tours... suite
samedi 29 octobre 2011
Retour au Musée des Beaux-Arts de Tours
lundi 10 octobre 2011
Ze Mag'zine
mardi 4 octobre 2011
Résumé du dixième épisode (1758 - 1759) + index des personnes citées + lexique

Mont-Louis

mardi 6 septembre 2011
Les Français vus par Jean-Jacques...
" Il faut pourtant rendre justice aux François; ils ne s’épuisent point tant qu’on dit en protestations, et celles qu’ils font sont presque toujours sincéres; mais ils ont une maniére de paroitre s’intéresser à vous qui trompe plus que des paroles. Les gros complimens des Suisses n’en peuvent imposer qu’à des sots. Les maniéres des François sont plus séduisantes en cela même qu’elles sont plus simples; on croiroit qu’ils ne vous disent pas tout ce qu’ils veulent faire, pour vous surprendre plus agréablement. Je dirai plus; ils ne sont point faux dans leurs démonstrations; ils sont naturellement officieux, humains, bienveillans, et même, quoiqu’on en dise, plus vrais qu’aucune autre nation; mais ils sont légers et volages. Ils ont en effet le sentiment qu’ils vous témoignent; mais ce sentiment s’en va comme il est venu. En vous parlant ils sont pleins de vous; ne vous voyent-ils plus, ils vous oublient. Rien n’est permanent dans leur cœur: tout est chez eux l’œuvre du moment. "
Les Confessions, Livre IV
mardi 30 août 2011
Calendrier des représentations
Livre premier (1712 – 1728)
Création le 8 février 2007 à Paris
Livre deuxième (1728)
Création le 4 octobre 2007 à Paris
Livre troisième (1728 – 1730)
Création le 13 mars 2008 à Paris
Livre quatrième (1730 – 1731)
Création le 2 octobre 2008 à Paris
Livre cinquième (1732 – 1736)
Création le 12 mars 2009 à Paris
Livre sixième (1737 – 1740)
Création le 8 octobre 2009 à Paris
Livre septième (1741 – 1747)
Création le 11 mars 2010 à Paris
Création le 7 octobre 2010 à Paris
Livre neuvième (1756 – 1757)
Création le 10 mars 2011 à Paris, pour la première partie
Création le 6 octobre 2011 à Paris
Livre onzième (1760 – 1762)
Création le 8 mars 2012 à Paris
Livre douzième (1762 – 1765)
Création le 28 Juin 2012 à Paris
Jean-Jacques à l'écran... suite.

Sophie
Je souhaitais rendre, dans ces colonnes, un digne hommage à Sophie d’Houdetot. Les textes suivants issus des Souvenirs de Elisabeth Vigée-Lebrun, publiés aux éditions Des Femmes, et que je remercie Florence Barthélémy de m’avoir fait découvrir, me le permettent.
Elisabeth Vigée-Lebrun commença sa carrière à quinze ans, vers 1770. Portraitiste magnifiquement douée, elle fut contrainte à l’exil pendant la révolution française. Elle voyagea alors dans tous les pays d’Europe et peignit, comme elle en eut toujours le goût, des femmes dont elle sut chaque fois percevoir la beauté.
La Comtesse d'Houdetot

Notes biographiques
Madame d’Houdetot est restée le plus aimable type de la société française du dix-huitième siècle ; elle en est la vive et gracieuse expression; toute française par l’esprit, le cœur et les grâces cavalières, légère dans son allure, mais fidèle à ses sentiments, comme le constate Jean-Jacques Rousseau en soupirant.
« Ce n’est pas quelques pages, c’est un volume qu’il faudrait lui consacrer », dit fort bien M. Paul Boiteau, dans l’appendice de son excellente édition des Mémoires de madame d’Epinay, où il est si souvent question de madame d’Houdetot. « Elle fut si bonne, si simple, si vraie, si douce, si décente, et elle a laissé de si jolis mots pleins de cœur, et de si jolis vers pleins de simplicité et de grâce !
« Sa vie fut longue et constamment heureuse. Laclos a dit d’elle, lui qui n’était pas toujours indulgent : « Madame d’Houdetot vécut avec des athées, avec des dévots, avec des prudes, avec des étourdis, et vécut avec tous sans leur sacrifier rien de son caractère primitif : ils n’eurent pas également à s’en louer; aucun n’eut à s’en plaindre. » De toutes les compagnies, et du plus grand monde, même du monde de la cour, madame d’Houdetot, l’amie de la reine, Marie Leczinska, de Necker, du maréchal de Bauveau, n’eut pas à gémir lorsque l’ancienne société disparut. Elle jugeait les événements et les hommes avec cette sérénité qui est le fond de la vraie philosophie, et on lui en savait gré. Qui, d’ailleurs, après 1789, eût osé toucher au bonheur de celle que Jean-Jacques avait uniquement aimée ?
« Sur la fin de sa vie, madame d’Houdetot parlait de Rousseau sans détour et avec une juste amitié. Elle déclarait que Grimm avait eu de grands torts envers lui. Son buste et celui de Saint-Lambert étaient dans son jardin de Sannois, et elle disait : « Ce sont des amis dont je conserve le souvenir. » Saint-Lambert qui était devenu rigoureux pour Rousseau, ne put jamais l’engager contre sa mémoire dans la querelle des philosophes, et ce qu’elle en pensait de plus sévère, c’est qu’elle écrivit de sa main sur l’exemplaire de la Nouvelle Héloïse que Jean-Jacques copia pour elle.
« Ce manuscrit, dit-elle, fut pour moi le gage de l’attachement d’un homme célèbre; son triste caractère empoisonna sa vie, mais la postérité n’oubliera jamais ses talents. S’il eut l’art, trop dangereux peut-être, d’excuser aux yeux de la vertu les fautes d’une âme passionnée, n’oublions pas qu’il voulut surtout apprendre à s’en relever, et qu’il chercha constamment à nous faire aimer cette vertu, qu’il n’est peut-être pas donné à la faible humanité de suivre toujours. »
« Madame d’Epinay nous ferait croire que M. d’Houdetot ne rendait pas sa femme heureuse, mais ce serait une erreur. Il lui laissait toute sa liberté, et, dans leurs vieux jours surtout, il témoigna souvent le regret de n’avoir pas eu le droit de prétendre occuper tout son cœur. En 1793 (l’année où mourait la femme que, de son côté, il aimait depuis plus de quarante-cinq ans), il faisait toutes les boutiques de Paris, un jour de disette et d’émeute, afin de trouver de la poudre pour les cheveux de madame d’Houdetot, qui, alors encore (elle avait soixante-cinq ans) étaient admirables. C’était, dit-on, un beau vieillard à cette époque. Il ne mourut qu’en 1806, ayant jusqu’au bout respecté la liaison de sa femme et de Saint-Lambert, qui paraissait être le véritable maître de la maison, et qui, surtout à la fin, se permettait seul d’être jaloux. On raconte à ce propos que, lorsque M. et Madame d’Houdetot célébrèrent la cinquantième année de leur mariage, l’apoplectique Saint-Lambert fit une scène fort inattendue. Madame d’Houdetot était, du reste, aux petits soins pour lui, et jusqu’à en paraître ridicule. On se retirait chez elle à dix heures, lorsqu’on était à la campagne; mais elle restait jusqu’à minuit à jouer au loto avec Saint-Lambert. L’heureux homme qui, pendant plus de cinquante ans, fut le maître absolu d’une telle âme ! Ce n’était pas au moins faute d’esprit qu’elle s’assujettissait de la sorte, ni par un sentiment d’admiration excessive pour le poète, car elle a fait peut-être plus de vers à rappeler que Saint-Lambert. Lors de sa dernière maladie, Saint-Lambert lui disait : « Mourons ensemble. – Vivons ensemble », répondait-elle. Et M. d’Houdetot, au spectacle d’une amitié si constante, ne pouvait s’empêcher de dire : « Ah ! nous aurions été bien heureux ! »
« Il avait commencé, en effet, par être joueur, mais un jour qu’il revint, ayant perdu une si grosse somme qu’il lui fallut recourir à la dot de sa femme, elle lui fit jurer de ne plus jouer, et il ne joua plus jamais. C’était donc, à n’en pas douter, un honnête homme. Il n’était pas non plus si ladre, et quand madame d’Epinay, Francueil et toute la compagnie en 1751, vinrent faire à sa terre de la Meilleraye la visite qui rendit madame d’Epinay si malheureuse, il y eut dans ses bois une promenade aux flambeaux dont on garda longtemps le souvenir, et qui parut quelque chose de royal.
« Ce Saint-Lambert, dit quelque part madame Du Deffand, est un esprit froid, fade et faux; il croit regorger d’idées, et c’est la stérilité même. Sans les roseaux, les ruisseaux, les ormeaux, il aurait bien peu de choses à dire »
« Il y a du vrai dans cette boutade, mais il était élégant, mais il aimait la nature, sans savoir bien la chanter, et, tout en vivant dans les cercles les plus raffinés, c’était par le sentiment des grandes pensées naturelles qu’il s’était longtemps senti de l’affection pour Rousseau. Parfait honnête homme, en outre, il n’avait pas deux morales ou deux justices, comme Grimm et tant d’autres. C’est l’ensemble de ces qualités que madame d’Houdetot aima en lui si fidèlement. Reçu à l’Académie française en 1770, il venait d’être, en 1803, appelé dans la classe de l’Institut qui la remplaçait lorsque, le 9 février de cette année, il mourut dans les bras de son amie.
« La mort de madame d’Houdetot fut plus douce encore. Toute sa famille l’entourait lorsqu’elle ferma les yeux, la tête libre, et achevant de parler du plaisir qu’elle avait senti à vivre, comme une élève de Platon. Elle expira le jeudi 28 janvier 1813.
« Elle avait trouvé pour ses tous derniers jours un ami selon son cœur qui remplaça Saint-Lambert, M. d’Houdetot et tous les amis disparus. C’est M. de Sommariva, l’ancien vice-président de la République cisalpine, qui, jeune encore, vint, au commencement de l’Empire, vivre à Paris et y dépenser dans la grande culture et en collection d’œuvres d’art une des plus belles fortunes de l’époque. M. de Sommariva possédait, avec les terres de M. de Bellegarde, les plus précieux souvenirs de la famille, et c’est le culte des souvenirs qui fit que madame d’Houdetot aima si tendrement le dernier venu. Elle écrivit dans son testament : « J’ordonne que mon cœur soit mis à part et porté dans le tombeau de mon père et de ma mère, à Epinay. » Mais ce tombeau se trouvait dans la chapelle domestique du château, et depuis 1789 la loi défendait les inhumations ailleurs que dans le terrain public. Le cœur de madame d’Houdetot fut donc mis dans le cimetière d’Epinay. »
Portrait de M. R***, sous le nom d’Iphis
« Quoique les traits du visage d’Iphis ne forment pas ce qu’on appelle un bel homme, il a néanmoins beaucoup d’agrément dans la physionomie, surtout lorsqu’il est animé par quelque doux sentiment. Son âme passe alors dans ses yeux et fait disparaître l’air froid, et même un peu sombre qu’il a naturellement. Son teint est brun, ses sourcils et ses cheveux noirs, sa bouche, ni grande ni petite, est très bien bordée et d’un très beau coloris. Ses dents sont assez belles ; sa voix est touchante… Iphis est d’une taille au dessus du médiocre, assez fournie; mais il n’en tire pas tout l’avantage qu’il pourrait s’en promettre. Il se voûte un peu et laisse aller sa personne, sans songer comme tant d’autres à se donner un air de représentation… Iphis est dans cet âge heureux qu’il serait à souhaiter qu’on pût fixer, où les charmes de la jeunesse s’unissent, pour ainsi dire, avec les qualités solides de la maturité… Sa conversation est très amusante quand il est à son aise ; il peint les gens d’une manière fort plaisante et dit de très bonnes choses sans y rêver. Mais en grande compagnie, une honnête et modeste retenue, que les impudents nomment sottise ou mauvaise honte, cache la meilleure partie de son esprit et de ses connaissances. Ce beau nom, ce nom sacré d’ami {…} est pris et révéré par {lui} dans toute son étendue. Son goût le porte vers les femmes, mais c’est un goût épuré qui lui fait moins désirer de jouir que souhaiter être aimé. »

lundi 29 août 2011
28 juin... 2011

mardi 14 juin 2011
Genève !
vendredi 18 mars 2011
Jean-Jacques à l'écran...
samedi 29 janvier 2011
Résumé du neuvième épisode (1756 – 1757) + index des personnes citées et lexique

INDEX DES PERSONNES CITÉES DANS CET ÉPISODE
Théodore Tronchin (1709 – 1781), un des plus illustres médecins de son temps, s’était établi à Genève six mois avant l’arrivée de Voltaire, et devint son médecin attitré. Appelé à inoculer les enfants du duc d’Orléans, il se rendit à Paris en 1756, devint associé de l’Académie des Sciences et fut nommé premier médecin du duc d’Orléans.
