samedi 11 février 2012

Le onzième épisode de Jean-Jacques


Bonjour,

De nouvelles représentations du onzième livre des Confessions seront données chez Agnès Brabo, rue Saint-Honoré à Paris :

- les jeudi 22, vendredi 23 et samedi 24 mars à 20 heures

A ces représentations s'en ajoute une autre qui aura lieu le dimanche 18 mars à 18 heures chez Colette James, rue de la Cerisaie, dans le Marais.

Vous pouvez réserver vos places 
en appelant le 06 24 56 08 53 
ou en envoyant un courriel à jeanjacquesetmoi@free.fr



lundi 28 novembre 2011

Jean-Jacques par Frédéric Richaud



Avant de parler du passionnant roman qu'Olivier Marchal a consacré à Jean-Jacques (La Comédie des masques, chez Télémaque) je vous encourage plus que vivement à lire ce court récit tout-à-fait jubilatoire que Frédéric Richaud a consacré à deux frères tellement obsédés par Jean-Jacques Rousseau que cela va les mener jusqu'aux actions les plus extrêmes et les plus cocasses. Il est enfin édité en Livre de Poche, faites-vous le plaisir de le découvrir si vous ne le connaissez pas déjà.


Ce roman a été adapté par Makyo et Bruno Rocco en une bande dessinée très réussie, et éditée chez Delcourt.

dimanche 20 novembre 2011

Lecture des Quatre lettres à monsieur le Président de Malesherbes



Rousseau, selon Sainte-Beuve, « n’a rien écrit de plus beau que les Lettres à Malesherbes ». Ces quatres lettres, datées des 4, 12, 26 et 28 janvier 1762 ont été écrites au sortir d’une crise aiguë et dans des conditions singulières décrites dans le Livre XI des Confessions, et qui se rapportent aux circonstances de l’impression de l’Emile, compliquées du fait qu’une sonde s’étant brisée dans le canal de son urètre, Jean-Jacques s’affole et croit sa dernière heure venue. Il s’est en outre persuadé que les Jésuites vont profiter de sa mort toute proche pour publier sous son nom un texte remanié, contraire à sa pensée, de la Profession de foi du vicaire savoyard, contenue dans l’Emile.

Ainsi sont nées ces lettres, faites pour suppléer aux Mémoires que Jean-Jacques avait projetés, et qui devaient être, selon lui, une sorte de chant du cygne.

J'ai le plaisir de vous les faire entendre à trois reprises les jeudi 1ervendredi 2 et samedi 3 décembre à 20 heures chez Agnès Brabo, rue Saint-Honoré à Paris.

Seules 20 places sont disponibles pour chacune de ces lectures, il est donc absolument indispensable de réserver.

Pour cela, il suffit, comme à l'ordinaire,
de téléphoner au 06 24 56 08 53
ou d'envoyer un courriel à jeanjacquesetmoi@free.fr



Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (1721 – 1794), Premier Président de la Cour des aides en 1747 et directeur de la librairie, fut le véritable protecteur des hommes de lettres sous le régime de censure de la monarchie française. Son administration fut l’ « âge d’or » des écrivains, selon le mot de Voltaire. Exilé en 1770 pour s’être opposé à la Cour dans l’affaire des parlements, il devait être réintégré dans ses fonctions, lors de l’avènement de Louis XVI en 1774. Défenseur du roi sous la Révolution, il mourut lui-même sur l’échafaud. 

vendredi 18 novembre 2011

Le buste du Musée des Beaux-Arts de Tours... suite


Voilà, le buste en terre cuite de Jean-Jacques, superbement restauré, trône désormais sur la cheminée du non moins superbe salon jaune du Musée des Beaux-Arts de Tours. 

C'est peu dire que sa présence m'a ému, et même réconforté, durant les trois représentations que j'y ai données ces deux dernières semaines.

Je profite de ce message pour rendre un hommage appuyé, et ô combien mérité, à M. Philippe Le Leyzour, conservateur général de ce magnifique musée qu'il a su, avec l'aide de ses collaboratrices, hisser au rang des plus beaux musées de France. 

Philippe Le Leyzour quittera ses fonctions le 31 décembre, et ce moins d'un an avant sa retraite, contraint et forcé par les méthodes pour le moins ingrates et déplaisantes de sa municipalité.

Ce commentaire n'engage que moi mais je suis tout à fait persuadé que bon nombre de personnes, instruites des véritables raisons de ce départ, le partagent.




samedi 29 octobre 2011

Retour au Musée des Beaux-Arts de Tours


Les deux parties du neuvième épisode ainsi que le dixième seront représentés dans le superbe salon jaune du Musée des Beaux-Arts de Tours les lundi 7, mercredi 9 et lundi 14 novembre à 19 heures.

A l'approche du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, le Musée a exhumé de ses réserves ce buste en terre cuite qui est une copie de celui que le sculpteur Houdon tira du moulage du masque mortuaire de l'écrivain et qui fut exposé au salon de 1779. Ce buste est actuellement restauré et sera exposé prochainement dans le même salon jaune où auront lieu les représentations.

Pour réserver, appeler le 02 47 05 68 73


lundi 10 octobre 2011

Ze Mag'zine


Jean-Jacques et son interprète célébrés dans un très bel article signé Philippe Dayan et consultable à l'adresse ci-dessous :




Le lien ne fonctionnant apparemment plus,
l'article sera reproduit intégralement ici prochainement.

mardi 4 octobre 2011

Résumé du dixième épisode (1758 - 1759) + index des personnes citées + lexique



L’infirmité dont souffre Jean-Jacques (rétention d’urine) assombrit encore cette période marquée par la rupture avec Mme d’Epinay et les Philosophes, puis avec Mme d’Houdetot. Il publie la Lettre à d’Alembert contre l’institution d’un théâtre à Genève, et commence une correspondance avec Malesherbes, directeur de la Librairie, dont la protection lui permettra de faire imprimer l’Emile et le Contrat social. Il se partage entre le Mont-Louis et le château de Montmorency où l’invite, sans pouvoir l’y fixer, le maréchal de Luxembourg.
Jacques Voisine
Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau

Les représentations du dixième épisode ont débuté le 6 octobre 2011


INDEX DES PERSONNES CITÉES DANS CET ÉPISODE


Anne-Charlotte Simonette de Houdetot, sœur du comte de Houdetot, avait épousé en 1740 Nicolas-Charles Dubuisson, marquis de Blainville, lieutenant-colonel d’infanterie. 

Ange-Laurent Lalive de Jully (1727 – 1775), frère de monsieur d’Epinay, peintre et collectionneur, fut nommé introducteur des ambassadeurs en 1757. 

Aucun renseignement sur M. Ferrand & M. Minard, surnommés par Thérèse : les Commères, n’a été trouvé. 

François Coindet (1734 – 1809), commis puis caissier de la banque Thellusson, s’occupa en 1760 de faire graver les estampes de la Nouvelle Héloïse. Il entretint avec Jean-Jacques une correspondance qui dura dix ans et ne cessa que lors du séjour de Trye, lorsque ce dernier rompit avec tous ses amis. 

Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (1721 – 1794), Premier Président de la Cour des aides en 1747 et directeur de la librairie, fut le véritable protecteur des hommes de lettres sous le régime de censure de la monarchie française. Son administration fut l’ « âge d’or » des écrivains, selon le mot de Voltaire. Exilé en 1770 pour s’être opposé à la Cour dans l’affaire des parlements, il devait être réintégré dans ses fonctions, lors de l’avènement de Louis XVI en 1774. Défenseur du roi sous la Révolution, il mourut lui-même sur l’échafaud. 

Charles-François-Frédéric de Montmorency, duc de Luxembourg (1702 – 1764) avait reçu le bâton de maréchal de France en 1757, après s’être distingué dans de nombreuses batailles. 

Madeleine-Angélique de Villeroy (1707 – 1787), veuve en première noces du duc de Boufflers, avait épousé en secondes noces, en 1750, le maréchal de Luxembourg, veuf lui-même de Marie-Sophie Colbert de Seignelay. 

Marie-Madeleine de Brémond d’Ars (1728 – 1810) avait épousé à 22 ans un de ses parents, le marquis Bernard de Verdelin, colonel d’infanterie, alors âgé de 64 ans. 

Maurice Quentin Delatour, plus communément appelé Quentin de La Tour, né le 5 septembre 1704 à Saint-Quentin, décédé le 17 février 1788 dans la même ville, est un peintre pastelliste français, à ne pas confondre avec Georges de La Tour, peintre du siècle précédent. 

Jean Neaulme (27 juin 1694 – 5 janvier 1780), partagea son activité de libraire entre Amsterdam, La Haye, Leyde et Berlin et se retira des affaires en 1763. 

Amélie de Boufflers, née le 5 mai 1751, était fille du duc de Boufflers, fils du premier lit de la maréchale. 

Madame la Princesse de Robeck, fille du premier mariage de M. de Luxembourg, mourut le 4 juillet 1760. 

Charles Palissot de Montenoy, né à Nancy le 3 janvier 1730 et mort à Paris le 15 juin 1814, est un auteur dramatique français connu comme opposant au parti philosophique et, plus particulièrement, comme ennemi de Diderot. Il est notamment l'auteur d'une comédie, Les Philosophes, qui eut un énorme succès de scandale en 1760. 

Nicolas-Bonaventure Duchesne (1712 – 1765), libraire à Paris, rue Saint-Jacques, à l’enseigne du Temple du goût. 

Nicolas-Charles Joseph Trublet (1690 – 1770) 

Jean-Henri Samuel Formey (1711 – 1797), secrétaire perpétuel de l’Académie de Berlin et rédacteur de nombreuses revues, protégé par Frédéric II. 

Louis-François de Bourbon, prince de Conti (1717 – 1776), avait commandé l’armée d’Allemagne, puis l’armée du Piémont pendant la guerre de succession d’Autriche et s’était révélé un grand capitaine. Il abandonna l’armée en 1747 et joua le rôle de conseiller secret de Louis XV en politique étrangère, jusqu’au jour où Madame de Pompadour obtint sa disgrâce et sa retraite définitive, en juin 1756. Il ne devait réapparaître sur la scène politique que beaucoup plus tard et contribuer à la chute du chancelier de Maupeou en 1770. Le prince de Conti est le premier prince du sang qui mourut sans demander les sacrements. Dutens, cité par Sainte-Beuve, dit de lui : « … il était le premier à bannir toute contrainte… Il ne faisait point de distinction de rang dans la société… » 

Le Chevalier de Lorenzy, gentilhomme florentin de la cour du Prince de Conti.



Lexique du dixième épisode

l’incomodité nouvelle d’une descente : nom vulgaire de la hernie. 

je vivois à quatre lieues de Paris, aussi séparé de cette capitale par mon incurie : par ma négligence. 

… que je l’aurois été par les mers dans l’Ile de Tinian : île de l’archipel des Mariannes, en Micronésie, visitée par l’amiral Anson en 1742. 

Je m’avisai d’inserer par forme de note dans mon ouvrage un passage du Livre de l’Ecclesiastique qui déclaroit cette rupture : L’Ecclésiastique, XXII, v. 26-27 : « Si tu as tiré l’épée contre ton ami, ne désespère pas, car, il y a moyen de revenir. Si tu l’as attristé par tes paroles, ne crains rien; une réconciliation est possible. Mais pour l’outrage, le reproche injurieux, la révélation du secret et la blessure faite en trahison, l’ami s’éloignera sans retour. » 

Après avoir fait depuis un an la nouvelle de Paris : nous dirions aujourdhui : défrayer la chronique, alimenter les potins de la ville. 

et sa belle-sœur dans nos promenades solitaires l’avoit souvent laissé s’ennuyer à garder le mulet : attendre longtemps quelqu’un avec ennui et impatience. L’expression relève du burlesque. 

C’étoient des enfans de Melchisedec : personnage donné dans l’Ecriture comme l’image du Messie, sans que soient indiqués ni son origine ni le temps de sa mort. Le fait que Jean-Jacques ne connaisse « ni le pays ni la famille ni probablement le vrai nom » de ses voisins explique qu’il ait employé cette expression. 

il me les envoyoit franches aussi sous le contre-seing de M. le Chancelier son père : signature de celui qui contre-signe. 

Ces dépenses sont inévitables pour un homme de mon humeur qui ne sait se pourvoir de rien ni s’ingenier sur rien : nous dirions aujourd’hui : se tirer d’affaire, se débrouiller. 

Pour lors il n’y eut plus moyen de m’en dédire : se dit figurément d’un homme trop engagé dans une affaire pour ne pas la pousser à bout. 

les continuels soucis non moins importuns qu’officieux : ce mot prend ici, sous la plume de Jean-Jacques, une nuance péjorative et signifie : « qui provient d’un zèle déplacé », alors qu’il est employé ordinairement comme un synonyme de serviable. 

Je m’avisai d’un supplément pour me sauver auprès d’elle l’embarras de parler : d’un moyen de suppléer à mon embarras de parler. 

Je compris bien, quoiqu’en put dire Trublet, que Formey n’avoit point trouvé cette lettre imprimée, et que la prémiére impression en venoit de lui : Formey avait bel et bien tiré cette lettre d’une petite brochure de 60 pages prétendument imprimée à Berlin, mais en fait par les frères Cramer à Genève. Or les frères Cramer étaient les éditeurs habituels de Voltaire… 

à moi votre disciple et vôtre enthousiaste : votre partisan fanatique, celui qui vous rêverait comme Dieu. 

la rusticité d’un mal-appris qui se méconnoit : se méconnaître, c’est oublier ce qu’on doit à quelqu’un qui est au-dessus de vous.