vendredi 18 mars 2011

Jean-Jacques à l'écran...


Malgré toutes mes résistances, Jean-Jacques va être intégralement filmé, et très bien filmé, puisque nous sommes entre les mains de grands professionnels du 7ème art dont la liste des collaborations est si prestigieuse que je rougis d'aise d'y voir ajouter mon nom.

A suivre...

samedi 29 janvier 2011

Résumé du neuvième épisode (1756 – 1757) + index des personnes citées et lexique




Les Confessions prennent un ton nouveau dans ce livre et le suivant du fait de la reproduction de nombreuses lettres des années 1756 à 1760. Dans la solitude de l’Ermitage, qui lui vaut les critiques de ses amis les philosophes, Jean-Jacques travaille à plusieurs ouvrages dont La Nouvelle Héloïse. Aux souvenirs de jeunesse qui sont à l’origine de ce roman d’amour s’associe une passion pour Sophie d’Houdetot, laquelle par son amant Saint-Lambert est liée au cercle de Mme d’Epinay, Grimm et Diderot. Blâmé pour sa misanthropie prétendue, et accusé de trahison envers son ami Saint-Lambert, Jean-Jacques finit par quitter l’Ermitage et loue, à Montmorency, la maison du petit Montlouis appartenant à M. Mathas, procureur fiscal du prince de Condé.

Jacques Voisine
Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau


L'exceptionnelle longueur de ce livre a nécessité
qu'il soit représenté en deux parties.
Les représentations de la première ont débuté le 10 mars 2011,
celle de la seconde le 28 avril 2011

INDEX DES PERSONNES CITÉES DANS CET ÉPISODE

Théodore Tronchin (1709 – 1781), un des plus illustres médecins de son temps, s’était établi à Genève six mois avant l’arrivée de Voltaire, et devint son médecin attitré. Appelé à inoculer les enfants du duc d’Orléans, il se rendit à Paris en 1756, devint associé de l’Académie des Sciences et fut nommé premier médecin du duc d’Orléans.

Claude-Constant-César, comte d’Houdetot, né à Paris le 5 août 1724, entré dans les mousquetaires à l’âge de 14 ans, avait été nommé capitaine-lieutenant de la compagnie des Gendarmes de Berry le 1er janvier 1748, soit trois semaines avant son mariage avec Sophie de La Live de Bellegarde.

Jean-François, marquis de Saint-Lambert (1716 – 1803), entré tout jeune dans les gardes du roi Stanislas à Nancy, avait pris part à de nombreux sièges et batailles et fut blessé à Coni en 1744. Il supplanta Voltaire dans le cœur de Mme du Châtelet, laquelle mourut en donnant le jour à un enfant, ce qui valut à l’amant une sorte de célébrité. Grâce à des protections, il obtint un brevet de colonel dans l’armée française, mais une attaque de paralysie devait l’obliger à troquer la carrière des armes contre celle des lettres. Son meilleur ouvrage, le poème des Saisons, lui ouvrit , en 1770, les portes de l’Académie française. C’est en 1751 qu’il s’était lié avec Madame d’Houdetot.

Françoise d’Issembourg d’Apponcourt, née le 13 février 1695, épouse d’un homme grossier et brutal, Hugues de Graffigny, dont elle dut se séparer, débuta, à plus de 50 ans, dans la carrière des lettres par une Nouvelle espagnole qui fut critiquée, mais bientôt suivie (en 1747) de Lettres péruviennes qui remportèrent un grand succès. Elle publia encore des pièces de théâtre et mourut à Paris le 12 décembre 1758, en partie du chagrin qui lui causa l’échec de sa dernière pièce.

Charlotte-Suzanne d’Aine, seconde madame d’Holbach, était une sœur de la première.

Jacques-Joseph Mathas, procureur fiscal près le tribunal de baillage de Montmorency depuis 1733.


Lexique du neuvième épisode

aux grandes huées de la cotterie Holbachique : du cercle du baron d’Holbach.

la profession de foi de cette même Héloise mourante est exactement la même que celle du Vicaire Savoyard : la Profession de foi du Vicaire savoyard est un des textes marquants d’Emile.

tout ce qu’il y a de hardi dans l’Emile étoit auparavant dans la Julie : dans la Nouvelle Héloïse, dont le titre exact est : Julie ou la nouvelle Héloïse.

C’étoit mon Dictionnaire de musique : à l’origine, les articles commandés à Rousseau pour l’Encyclopédie, articles écrits à la hâte, en trois mois, au commencement de 1749.

Cette femme possedoit au suprème degré l’art de tirer d’un sac dix moutures : on dit d’ordinaire : tirer d’un sac deux moutures, c’est-à-dire prendre double profit d’une même affaire, se faire payer deux fois d’une même chose.

Je ne voyois par tout que les deux charmantes amies, que leur ami, leurs entours : leur entourage, leurs liaisons.

mais qui fait à l’histoire de mon caractére par l’impression qu’elle fit sur moi : dans le sens de contribuer à.

et quand j’appris l’attentat d’un forcené : l’attentat de Damiens sur la personne de Louis XV, le 4 janvier 1757.

mon cœur et mes sens lui payerent bien l’arrérage : ce qui est échu d’une rente, d’une redevance.

je ne crois pas qu’il me soit jamais arrivé de faire ce trajet impunément : c’est-à-dire à ne pas céder à la tentation de la masturbation, difficulté à laquelle Jean-Jacques faisait déjà allusion dans le Livre V.

Madame d’Epinay (…) poussa plusieurs fois l’audace jusqu’à chercher dans sa bavette : un tablier à bavette est un tablier à plastron qui remonte jusqu’au haut de la poitrine. On pouvait donc y cacher une lettre.

Je n’eus pas à soutenir la prise que j’avois redoutée : la querelle. Le terme a veilli, on le retrouve dans l’expression « une prise de bec » : une querelle de paroles.

… au sujet de sa piéce que (…) on l’accusoit d’avoir prise en entier de Goldoni : Accusé d’avoir copié Le Véritable Ami de Goldoni, Diderot s’en est défendu dans son Discours sur la poésie dramatique paru à la suite du Père de famille.

Aussi fat qu’il étoit vain, avec ses gros yeux troubles et sa figure dégingandée : il s’agit ici de son corps, de son aspect extérieur, plus que de son visage.

ma raison fit taire enfin mon ancienne prévention : ici, préjugé favorable.

une lettre très adroite, qu’ils avoient minutée ensemble : dresser le premier écrit de quelque chose qu’on veut ensuite mettre au net.

Ce secret qui n’en étoit un dans toute la maison que pour moi : Attaque de phtisie ou grossesse illégitime, due cette fois aux œuvres de Grimm ? La seconde hypothèse paraît la plus probable, quand on sait qu’un « accident » arriva à Madame d’Epinay sur la route de Genève…

Cette lettre où faute de pouvoir dire nettement mes raisons, je fus forcé de battre souvent la campagne : s’éloigner du sujet par des digressions fréquentes, chercher des faux-fuyants.

Je ne pouvois mieux la disculper du soupçon de conniver avec moi : comploter, agir de connivence.

l’absent infortuné se néglige : l’absent est négligé, on n’a pas pour lui l’attention, la considération qu’il faudrait.

J’ai voulu quitter l’Hermitage, et je le devois. Mais on prétend qu’il faut que j’y reste jusqu’au printems : en l’occurrence, madame d’Houdetot.

Je l’éclairai sur beaucoup de faits qu’on lui avoit tus, déguisés ou supposés : alléguer comme vrai quelque chose de faux.

lundi 13 décembre 2010

Résumé du huitième épisode (1748 – 1755) + index des personnes citées et lexique



Allant rendre visite à Diderot incarcéré à Vincennes, Jean-Jacques est frappé d’une « illumination » en prenant connaissance d’un sujet mis au concours par l’Académie de Dijon ; ce sera le début de la gloire littéraire avec le Discours sur les sciences et les arts, publication bientôt suivie par la représentation devant la cour du Devin du village. Se refusant à être l’auteur mondain que ses succès viennent de faire de lui, il décide sa « réforme personnelle », se met en ménage avec Thérèse et se fait copiste de musique. Mme d’Epinay, maîtresse de son ami Grimm, prépare au solitaire un logement sur ses terres à l’Ermitage près de Montmorency. Au cours d’un séjour à Genève, il est réintégré dans l’Eglise calviniste et la citoyenneté genevoise, faisant l’éloge de sa cité natale dans la dédicace du Discours sur l’inégalité. Cet ouvrage lui attire de Voltaire une lettre d’une ironie blessante, et l’établissement de celui-ci aux portes de Genève contribue à la décision de se fixer à l’Ermitage plutôt qu’à Genève.

Jacques Voisine
Dictionnaire de Jean-Jacques Rousseau


Les représentations du huitième épisode ont débuté le 7 octobre 2010

INDEX DES PERSONNES CITÉES DANS CET ÉPISODE

Frédéric de Saxe-Gotha (1735 – 1756) et son gouverneur, le Baron de Thun.

Ancien gouverneur d’un prince de Wurtemberg, Seguy avait édité, en 1743, les Œuvres complètes de Jean-Baptiste Rousseau.

Emmanuel-Christophe Klüpffel (1712 – 1776) avait été nommé en 1741 pasteur de l’église luthérienne de Genève. En 1747, le prince de Saxe-Gotha l’emmena à Paris et se l’attacha comme chapelain. En 1761, Klüpfel devait fonder le fameux Almanach de Gotha.

Né à Ratisbonne le 26 décembre 1723, Frédéric-Melchior Grimm était entré au service du comte de Schomberg, après avoir étudié le droit public et après avoir écrit une tragédie en allemand, Banise, qui sera publiée en 1753. Il arriva à Paris dans les derniers jours de décembre 1748, peut-être en janvier 1749, en compagnie du plus jeune fils du comte de Schomberg.

Le comte Auguste-Henri de Friesen (1728 – 1755), neveu du maréchal de Saxe et petit-fils naturel d’Auguste II, s’était pris d’amitié pour Grimm dès leur première entrevue en 1749. Officier aimable, spirituel et débauche, nous dit-on, il devait mourir à 27 ans, usé par les plaisirs.

Sauveur-François Morand (1697 – 1773), chirurgien en chef de la Charité, puis de l’Hôtel des Invalides.

Jacques Daran (1701 – 1784), médecin militaire au service de l’Autriche. Installé à Paris en 1754, il obtint le titre de chirurgien ordinaire du roi.

Stanislas Leszczynski (1677 - 1766), roi de Pologne de 1704 à 1709 sous le nom de Stanislas 1er.

Paul Thiry, Baron d’Holbach (1723 – 1789) débuta dans la littérature par une Lettre sur l’état présent de l’Opéra et par une traduction des Plaisirs de l’imagination de Mark Akenside. Pendant quinze ans, il se voua à la propagation des sciences physiques en traduisant en français des ouvrages (allemands ou anglais) relatifs aux sciences naturelles. Il rédigea pour l’Encyclopédie de nombreux articles sur la chimie, la pharmacie, la physiologie et la médecine. Son Christianisme dévoilé, qu’il publia en 1761 à Londres, sous un nom d’emprunt, est l’un des plus violents réquisitoires qu’on ait jamais écrit contre la religion chrétienne. Mais son principal ouvrage reste le Système de la nature ou Des lois du monde physique et moral (1770) qui repose sur le matérialisme.

Geneviève d’Aine, la première madame d’Holbach, mourut le 16 août 1754.

Guillaume-Thomas Raynal, né à Lapanouze en Rouergue le 12 avril 1713 était entré chez les Jésuites et avait enseigné dans divers collèges avant de quitter soudainement la Compagnie en 1747. Attaché en qualité de desservant à la paroisse de Saint-Sulpice à Paris, il en fut expulsé, à la suite de divers trafics, et se lança dans la carrière de nouvellistes.En juillet 1750, il fut chargé de la rédaction du Mercure de France qu’il devait conserver jusqu’à la fin de 1754. En même temps, il s’attelait à divers ouvrages historiques et se rapprochait du clan des encyclopédistes. Son œuvre la plus connue, à laquelle collaborèrent Diderot et d’Holbach, entre autres, parut en 1770 : c’est l’Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes.

Marie Fel, née à Bordeaux le 26 octobre 1713, morte à Chaillot le 2 février 1794, avait débuté en 1734 à Paris, au concert spirituel et à l’Opéra.

Jean-Baptiste Sénac (1693 – 1770), médecin du maréchal de Saxe, puis premier médecin du roi Louis XV, était un homme de beaucoup d’esprit qui jouissait à la cour d’une grande considération.

Charles Pinot Duclos, né à Dinant le 12 février 1704, mourut à Paris le 26 mars 1772. En 1745, il publia une Histoire de Louis XI qui lui ouvrit les portes de l’Académie française, dont il devait devenir le secrétaire perpétuel et qui lui valut, cinq ans plus tard, la place d’historiographe du roi de France.

François Mussard (1691 – 1755), joaillier genevois, a publié dans le Mercure de France, en 1753 et 1754, trois lettres sur les coquilles fossiles.

Toussaint-Pierre Lenieps (1694 – 1774) avait été banni à perpétuité de Genève, en 1731, pour avoir soutenu son compatriote Micheli du Crest dans sa lutte contre le gouvernement aristocratique. Devenu banquier à Paris, il continua à suivre les évènements politiques de sa ville natale.

M. de Cury, intendant des Menus Plaisirs jusqu’en 1756.

Louis-Marie-Augustin, duc d’Aumont (1709 – 1782), premier gentilhomme de la chambre du roi, de qui dépendaient, cette année-là, les spectacles de la cour.

Paul Moultou (1725 – 1787), consacré pasteur en 1755, devait renoncer au Saint-Ministère par scrupule de conscience et se faire à Genève l’avocat de Jean-Jacques lors de la condamnation de l’Emile en 1762. Deux mois avant sa mort, Jean-Jacques lui confiait divers manuscrits, notamment celui des Confessions, et le chargeait de les publier après sa mort. A plusieurs reprises, il lui avait demandé de défendre sa mémoire devant la postérité, et, malgré quelques brouilleries, Moultou lui resta toujours fidèle.

Marc-Michel Rey (1720 – 1780), libraire genevois établi en 1745 à Amsterdam.


Lexique du huitième épisode

Cette impossibilité de partager à mes inclinations : à celle que j’aimais. Ce mot, au pluriel, signifie parfois la personne aimée.

je me regardai comme un membre de la République de Platon : Platon voulait que tous les enfants fussent élevés dans sa République ; que chacun restât inconnu à son père et que tous fussent les enfants de l’Etat.

Il me conseilla de recourir à Daran, dont les bougies plus fléxibles parvinrent en effet à s’insinuer : se dit en chirurgie d’une petite verge cirée qu’on introduit dans l’urethre pour le dilater et le tenir ouvert.

ma résolution fit du bruit aussi et m’attira des pratiques : en l’occurrence du travail de copiste de musique.

une station fort de mon goût : lieu où l’on s’arrête pour se reposer.

En fouillant à fond de cuve les terrasses de ce jardin : amplement, profondément.

la terre entiére n’étoit que du Cron : nom donné par les Naturalistes à un sable ou un amas de petites coquilles qui se trouvent dans le sein de la terre.

Il n’y manquoit que le divertissement : les fêtes de danse et de chant qui font partie de chaque acte dans un opéra, ou qui le terminent.

C’étoit une grande loge sur le théâtre : ce que nous appelons aujourd’hui une loge d’avant-scène.

M. de Gauffecourt, âgé de plus de soixante ans, podagre : qui a la goutte au pied. Le podagre est une espèce de rhumatisant.

jeudi 8 juillet 2010

Petit & Maman : Jean-Jacques Rousseau et madame de Warens


J’ai inauguré l’an dernier un cycle de lectures de textes de, ou consacré à, Jean-Jacques Rousseau avec A propos des Charmettes, de George Sand.

Avant de lire l’an prochain les Quatre lettres à monsieur le Président de Malesherbes, que Jean-Jacques écrivit comme un prélude aux Confessions, je vous propose cet automne de revenir aux pages qu’il a consacrées, dans ces mêmes Confessions, à madame de Warens, et que j’ai dû malheureusement sacrifier dans mon travail d’adaptation de ce livre à la scène.
Cet exercice d’adaptation, qui consiste essentiellement à couper, le plus souvent à contre-cœur, de nombreux passages de chacun des livres qui composent cet ouvrage, n’est vraiment pas celui que je préfère, ces pages mises de côté me faisant toujours craindre de trahir les intentions de Jean-Jacques, ce qui m’a semblé être malheureusement le cas dans le récit de l’histoire de son attachement pour cette femme qui a tant compté pour lui.
En effet, j’ai pu remarquer chez certains spectateurs, ignorants de l’œuvre, que la conduite, surprenante il est vrai, de cette femme vis-à-vis de son « protégé », faisait naître chez eux des sentiments pour le moins mitigés à son égard. Ce que Jean-Jacques avait très certainement anticipé en rédigeant des pages magnifiques où il prend le temps d’exposer à ses lecteurs les causes qui, selon lui, expliquaient une telle attitude.
Je me sentais donc redevable, si j’ose dire, envers madame de Warens, et la lecture de ces pages me permettra, outre le plaisir de les faire entendre, d’apaiser ma conscience et de réparer une injustice bien involontaire.
Deux lectures ont eu lieu chez Agnès Brabo, les jeudi 18 et vendredi 19 novembre et une troisième au Musée des Beaux-Arts de Tours le mercredi 24 novembre.


Que ne puis-je entourer d’un balustre d’or cette heureuse place!
que n’y puis-je attirer les hommages de toute la terre!
Quiconque aime à honorer les monumens du salut des hommes
n’en devroit approcher qu’à genoux.

Les Confessions, livre deuxième

1000 spectateurs !


Le jeudi 24 juin dernier, nous avons accueilli, Agnès Brabo, Jean-Jacques et moi, notre millième spectateur rue Saint-Honoré (une spectatrice en l'occurence) et cela, il faut le rappeler, n'est que le merveilleux effet de ce que nous nommons le "bouche-à-oreille", un mode de communication vieux comme le monde et probablement l'un des plus efficaces.

Jean-Jacques compte 137 représentations à ce jour et a attiré à lui près de 3 000 spectateurs.

Merci !

L'étoile violette de Axelle Ropert (autre hommage)


Le 15 mai 2006, au Cinéma Les Trois Luxembourg à Paris, je suis allé voir un moyen métrage intitulé Un camion en réparation qui était précédé d'un autre moyen métrage, dont je ne savais absolument rien avant de le voir : Etoile violette, réalisé par une certaine Axelle Ropert.

Ce film a changé ma vie puisqu'il m'a permis de découvrir Jean-Jacques Rousseau, dont jusqu'alors j'ignorais tout.

Il est désormais disponible en dvd, en complément de programme du dernier film d'Axelle Ropert, La famille Wolberg. C'est Lou Castel (voir photo ci-dessous) qui interprète Jean-Jacques dans ce film, dans une scène onirique absolument magnifique.

Axelle Ropert est également l'auteur du scénario d'un autre très beau film : La France, qu'a réalisé Serge Bozon (qui joue le rôle principal de Etoile violette), et dans lequel Sylvie Testud interprète une jeune femme qui se fait passer pour un homme afin de pouvoir rejoindre son fiancé au front.

Il y a longtemps que je voulais rendre hommage à Axelle Ropert, dont j'aime beaucoup les films et à qui je dois beaucoup. Voilà qui est fait.



Vous savez qui est cet homme ? Cet homme est recherché depuis trois siècles par toutes les polices de la planète. Cet homme est un criminel Cet homme est dangereux. Il a vécu au 18ème siècle entre 1712 et 1778…



















Je suis à la recherche d’une petite fleur bleue qu’on appelle Etoile violette. Etoile violette, c’est un nom un peu ridicule. (…) C’est une fleur très mystérieuse et qui aime à se cacher.


vendredi 25 juin 2010

Un William peut en cacher un autre... (hommage)

J’ai découvert récemment, grâce au conseil éclairé d’une fidèle spectatrice – et j’en profite pour la remercier –, le merveilleux livre de William Boyd : Les Nouvelles Confessions, dont l’inspiration première est, bien entendu, Jean-Jacques Rousseau. Le livre est édité au Seuil, au format de poche notamment, et ce pourrait être une passionnante lecture de vacances, pour ceux d’entre vous qui se laisseraient tenter. Je ne résiste pas à l’envie de retranscrire ici le paragraphe où John James (tiens donc...) Todd, le héros du roman, découvre les Confessions de Jean-Jacques. Ce bref passage m’a profondément ému car il décrit de manière assez précise l’émotion que j’ai moi-même ressenti après ma première lecture de ce livre qui a bouleversé ma vie...


Et le livre ? Vous aurez facilement reconnu les accents de Jean-Jacques Rousseau dans Les Confessions. Je fus saisi et captivé par cette extraordinaire autobiographie – à tel point que j’aurais pu croire lire la mienne. Lisez-la, achetez-la et vous verrez ce que je veux dire. J’ignorais tout de Rousseau, de sa vie, de son oeuvre, de ses idées, et je ne savais pas grand-chose de l’Europe du 18ème siècle, mais la voix était si fraîche, la sincérité si émouvante et inhabituelle que peu importait. C’était là l’histoire du premier homme véritablement honnête. Le premier homme moderne. C’était là la vie de l’esprit individuel racontée dans toute sa noblesse et sa misère pour la première fois dans l’histoire de la race humaine. Lorsque je reposai la pile de pages écornées à la fin de mes sept semaines de lecture fébrile, je pleurai. Puis je commençai à les relire. Cet homme parlait en notre nom à tous, mortels souffrants, de nos vanités, de nos espoirs, de nos moments de grandeur et de nos natures abjectes et corrompues. (...) Rousseau et son autobiographie me libérèrent. Je n’oublierai jamais cet exceptionnel et précieux cadeau.


Le beau sourire de William Boyd